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Sobriété énergétique des entreprises : les patrons demandent un accompagnement au cas par cas

Dernière mise à jour : 2 sept.

Après l'appel de la Première ministre aux entreprises à agir "pour éviter le rationnement", les patrons et fédérations se disent prêts à continuer leurs efforts. Mais ils demandent aussi un accompagnement de la part du gouvernement.


Les entreprises invitées à établir dès le mois de septembre un "plan de sobriété", avec pour objectif de réduire leur consommation énergétique de 10%. Lors de son discours devant les représentants des patrons et entreprises de France, lundi 29 août, Elisabeth Borne les a averti que si des rationnements devaient être mis en place, les entreprises "seraient les premières touchées". Des annonces accueillies de façon mitigée par les patrons.

"On n'a pas attendu les injonctions de Madame la première Ministre"

Les entreprises assurent s'être déjà engagées dans la réduction de leur consommation d'énergie, notamment depuis la hausse des prix liée à la guerre en Ukraine. "Il y a d'ores et déjà un signal pris" précise Patrick Martin, président délégué du Medef sur France Info. Changement de système de ventilation, baisse de la température, installations de panneaux photovoltaïques... Autant d'initiatives mises en places dans les entreprises, grandes comme petites. "Les entreprises, Madame la Première ministre, feront leur part sur le chauffage, les déplacements de leurs collaborateurs, mais surtout sur les process de production", a déclaré le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, lors de son discours.

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Un audit au cas par cas

Mais face à la demande de la Première ministre de faire encore plus d'efforts, certains secteurs sont inquiets. L'industrie par exemple, grosse consommatrice d'énergie, risque d'avoir des difficultés. C'est le cas de la verrerie : "Si vous devez aller au-delà de 20% de réduction, c'est carrément le four qu'il faut arrêter, et c'est l'entreprise que vous tuez" s'alarme Jérôme de Lavergnolles, le président de la fédération des cristalleries verreries, au micro de France Bleu Lorraine Nord. Patrons et fédérations demandent donc un accompagnement personnalisé, un audit au cas par cas pour accompagner au mieux chaque entreprise.

On ne peut pas mettre une règle qui fonctionne pour tous et soit universelle, ce n'est pas possible - Olivier Lang, président de la CPME du Bas-Rhin

"Certains secteurs vont décroître, comme la métallurgie et les transports", abonde Eva Sadoun, coprésidente du mouvement Impact France, organisation patronale qui réunit des entreprises "sociales et écologiques", sur France Info. "On ne pourra jamais substituer la croissance liée à l’énergie fossile à une énergie renouvelables". Pour inciter les entreprises à accélérer leur transition, la cheffe d'entreprise suggère de "repenser la matrice d’accompagnement, c'est-à-dire la fiscalité". Cela pourrait passer par une baisse de la TVA ou des impôts pour les entreprises qui atteindraient leurs objectifs.

De son côté, le directeur de Greenpeace France dénonce sur France Info un discours "qui ne va rien bousculer". "Cela fait quelques mois qu'Elisabeth Borne promet des mesures radicales et innovantes et je n'ai rien entendu" estime Jean-François Julliard.

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