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  • Secrétariat

INTERVIEW de Olivier LANG par L'AMI HEBDO

CPME : pour l’économie qui ne s’exporte pas


Dirigeant d’Avenir et Bois et d’Allure Bois, à Ittenheim et Durrenbach, Olivier Lang est président de la CPME du Bas-Rhin ­depuis 18 mois. Egalement vice-président de la Fédération Française du Bâtiment (FFB) bas-rhinoise, il veut agir dans la concertation pour défendre les intérêts des TPE et PME et les accompagner dans leur nécessaire évolution, sur fond de crises. Joël Hoffstetter l’a rencontré.


L’Ami hebdo: Olivier Lang, pourquoi vous êtes-vous engagé dans le syndicalisme patronal ?

Olivier Lang : J’ai pris des engagements à la Confédération des Petites et Moyennes Entreprises, la CPME, il y a un an et demi. Etant dans le bâtiment, je crois qu’il y a en France un retard sur la vision de ce que va être la construction de demain. Je refuse cette dichotomie entre monde des entrepreneurs et salariés. C‘est une même galère en fait et le but est de faire société. Un des objectifs est bien sûr la rentabilité des entreprises, mais c’est aussi d’arriver à une qualité et à un confort de travail pour tous.


C’est-à-dire ?

On est d’accord pour dire que les modèles ont changé, le monde a changé. Le patriarcat n’est plus d’actualité. Aujourd’hui, les deux possibilités sont, soit de subir, soit d’innover. Et alors transformer la contrainte en opportunité. Pour évoluer, innover, il faut énormément travailler sur les ressources humaines, la digitalisation, l’intelligence artificielle, le marketing. Il y a analogie entre les intérêts des salariés et ceux des entreprises pour porter le monde économique.


Pourquoi la CPME ?

La CPME est un syndicat paritaire. Elle intervient au même titre que le MEDEF, pour les grandes entreprises, et que l’U2P, pour les artisans et commerçants, dans le paritarisme. Des prud’hommes à l’URSSAF, en passant les tribunaux de commerce et Pôle Emploi. Le paritarisme a lui aussi évolué, pour aller vers un accompagnement de nos entreprises et de nos chefs d’entreprises dans leurs missions au quotidien.

Il y a une vraie dimension qui va à l’accompagnement des mutations, dans les ressources humaines, le marketing, la communication, les médias. La CPME est une force de discussion des entreprises avec l’administration, la préfecture et les directions comme celles des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de de l’emploi, la DIRECCTE, ou des finances publiques, la DGFiP, ou encore l’URSSAF et Pôle Emploi.


Et comment se portent les PME et TPE alors qu’il y a des crises à répétition, de l’inflation et un trop plein de normes et de règlements ?

Nous vivons le choc de deux économies, une qui est traditionnelle et dont le combat est d’évoluer ou de disparaitre, et une autre qui est en naissance, celle des services, des start-ups et de l’imagination. Environ 30 % des métiers de demain n’existent pas encore. L’économie traditionnelle doit évoluer. Les nouvelles sociétés doivent s’habituer à ce qu’elles ne connaissent pas encore, la norme, l’administration, sinon elles vont disparaitre. Et la CPME est un outil d’accompagnement pour les deux types d’économie.


Lors de la crise sanitaire, on n’a que peu entendu les syndicats patronaux pourtant, à Strasbourg par exemple….

Il y a des secteurs qui connaissent des mutations, notamment celui des petits commerçants à Strasbourg. Le marché de Noël, qui vient de battre un record de fréquentation, a chassé les clients traditionnels. Mais les commerçants sédentaires en ont profité. On voit que ce n’est pas si simple.

Il y a eu la crise sanitaire, mais la situation est pire aujourd’hui. Il y a une récession et une mécanique locale, et le Bas-Rhin est très touché. Il y a de vrais sujets à Strasbourg qui sont le stationnement, la zone à faible émission. On s’est battus avec la Fédération Française du Bâtiment pour l’accès au centre-ville et contre la baisse de l’activité au profit des grandes zones d’activités à l’extérieur.


Comment faire pour avancer ? C’est plutôt logique politique contre économie, non ?

Nous demandons de la concertation, pas la rupture. On était plutôt dans la rupture que dans la concertation jusqu’à présent. Il n’est pas acceptable que la casse soit payée par les entreprises. A chaque problème, on rajoute une norme. On demande ensuite à l’entreprise de gérer des normes. La CPME demande au contraire la simplification.


Là-dessus s’ajoute la contestation, des agriculteurs notamment, avec les perturbations que cela peut entrainer….

La CPME est solidaire des agriculteurs, et des métiers du bâtiment maintenant confrontés à la crise. La contestation dans la rue n’est pas exclue. Il n’y a que des effets d’annonce pour le moment de la part des pouvoirs publics et ça devient des équations impossibles. Dans le BTP, on risque de perdre 10 à 20 % des entreprises. Les plans d’urgence doivent venir du national et le national dit : il n’y a plus d’argent. Nous, on demande des mesures de chômage partiel, avec des programmes de formation du personnel pendant ce temps.

La PME apporte deux choses: une économie qui ne s’exporte pas et une vision de la société.

JH





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